Au moment où la Commission décrète la fin de la crise économique et financière, le groupe Magna, reprenant les activités de General Motors en Europe, annonce : « nous avons une usine de trop et c’est celle d’Anvers ». Mais cette dramatique décision n’affecte pas que la Belgique. Près de 11.000 emplois devraient être supprimés partout en Europe : 4.000 en Allemagne, 1.700 en Espagne, 2.300 en Belgique, 2.000 sans doute en Grande-Bretagne... Sur 55.000 postes dans le groupe, cela fait un emploi perdu sur cinq.
Dans ces conditions, il ne peut être question de jouer la division entre salariés : Anvers contre Bochum, Luton contre Gliwice, Saragosse contre Eisenach. Tout le monde sera touché. D’autant qu’à ces suppressions du constructeur s’ajouteront celles des sous-traitants. On parle de 5.000 pertes d’emploi dans la région d’Anvers suite à la fermeture de l’unité d’assemblage. Quelle satisfaction cela peut-il apporter aux salariés victimes de ce désastre social de savoir qu’ils faisaient partie d’une unité « compétitive » ?
La crise n’est pas l’apparition soudaine et inopportune d’événements « extérieurs », comme par exemple la dérive des marchés financiers ou la hausse des prix pétroliers. C’est l’aboutissement de cette logique de compétitivité qui pousse les constructeurs les uns contre les autres pour produire des voitures tant et plus, dont il faut ensuite brader les prix (éventuellement avec des primes à la casse).
Dès lors, au lieu de donner ou de promettre des fonds aux firmes pour qu’elles continuent cette stratégie, ne serait-il pas plus sage d’en fournir, d’une part, pour garantir des emplois aux travailleurs et, d’autre part, pour développer des alternatives à l’utilisation polluante des voitures ? Et si l’Allemagne met 4,5 milliards d’euros, la Grande-Bretagne 500 millions, la Pologne 300 millions et que la Flandre est prête à y ajouter 500 millions, alors que le consortium autour de Magna n’avance que 600 millions, pourquoi est-ce à ce dernier que revient la direction, la gestion et les décisions sur les usines ?
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Porte-parole d’Attac Wallonie-Bruxelles






